Les femmes viennent au tombeau de grand matin, sur les lieux où elles ont vu Jésus pour la dernière fois, son corps sans vie déposé à la hâte. Cependant, elles trouvent le tombeau vide et s’activent à chercher Jésus crucifié. (…) Dans nos milieux, il y a des personnes qui se reconnaissent héritières des générations précédentes de croyants. Parmi elles, plusieurs vivent aussi leur foi comme un chemin, parce qu’elles ont remis en question cet héritage et choisi librement de l’assumer. Celles-ci se sentent souvent des affinités avec les personnes en recherche spirituelle hors des sentiers battus. Mais, écrit Thomas Halík, ce prêtre catholique, théologien tchèque.
« nous avons beaucoup trop cherché à convertir le “ monde ” (“ le reste ”), et beaucoup moins à nous convertir nous-mêmes – pas une simple “ amélioration ”, mais un changement radical de l’“ être chrétien ” statique en un “ chrétien-en-devenir ” dynamique. »
Ceci nous met tous en garde contre la tentation de penser avoir trouvé Dieu et d’en montrer le chemin aux autres. Halík nous interpelle à oser découvrir le chercheur, la chercheuse en soi, ou à renouer avec.
Si nos yeux sont habitués de reconnaître le Seigneur Vivant principalement chez les catholiques pratiquants, nous risquons de ne rien voir en regardant ailleurs. Ne soyons donc pas étonnés qu’à première vue, nous percevions éventuellement la recherche des autres, mais que nous n’y reconnaissions pas la présence de Dieu. Souvent, on perçoit leurs actions bienveillantes et leurs valeurs en consonance avec l’Évangile. Mais cela ne révèle pas forcément leur recherche spirituelle. Ce qui saute aux yeux demeure limité.
Or quand la vue ne suffit pas, l’ouïe n’en devient que plus nécessaire. Il s’agit de s’intéresser sincèrement aux autres pour ce qu’ils sont, d’essayer de comprendre leur monde. À travers l’écoute, des indices de recherche spirituelle finiront par devenir perceptibles, audibles. Ces indices laissent entrevoir un large éventail d’itinéraires et de sensibilités spirituelles, parfois improbables, voire inimaginables.
A travers une écoute attentive, on capte des indices, des signaux de recherche spirituelle chez certaines personnes. Certains indices expriment les aspirations profondes qui meuvent la recherche spirituelle. C’est un élan intérieur qui attire plus haut et plus loin, comme une l’empreinte « en creux » de la présence de Dieu dans le cœur humain. Là, le Seigneur est le Vivant qui nous précède tous. D’autres indices sont liés à la rencontre douloureuse des limites humaines et au vertige du non-sens, comme l’envers des aspirations.
Ces indices expriment le besoin de salut dans la recherche spirituelle, comme un cri vers Dieu qui s’ignore ou un manque de mots pour se dire. Dans cette souffrance, dit Halík, nous pouvons reconnaître le Christ à ses plaies. Là encore, il nous précède et nous tend la main. Ouvrir l’œil et l’oreille pour reconnaître les chercheurs.
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