Dans nos vies souvent bien remplies, prier ne va pas de soi. Accorder une place à la prière, même à l’occasion, est un véritable défi. Il est souvent difficile de trouver non seulement le temps, mais aussi les mots, les attitudes et les dispositions de la prière. Nous nous disons que prier n’est peut-être pas « la tasse de thé » de tout le monde et qu’il y a bien d’autres façons de vivre sa foi. Il est vrai que la vie chrétienne s’exprime et se nourrit de différentes manières. Mais il est aussi vrai que chacun.e de nous est appelé.e, par son baptême, à en développer les diverses dimensions, à la mesure de ses possibilités.
Une bonne façon d’apprivoiser la prière est de nous laisser inspirer par l’enseignement de Jésus, que l’on trouve dans deux évangiles : celui de Luc (chapitre 11, versets 1-4) et celui de Matthieu (chapitre 6, versets 5-13). Dans chacun de ces évangiles, Jésus donne à ses disciples des conseils sur la prière, ainsi que des mots : « Vous, donc, priez ainsi : Notre Père … » C’est dans l’évangile de Matthieu que les paroles sont les plus proches de la prière que nous récitons dans nos liturgies. Loin de la récitation machinale de formules, le Notre Père peut devenir pour nous une école de prière toujours actuelle, dans sa forme comme dans son contenu. Voici comment.
La prière de Jésus nous enseigne à prier « Notre Père ». Il s’agit d’entrer dans une relation d’amour, de confiance, d’intimité avec Dieu, qui est non seulement le Père de Jésus, mais aussi notre Père. Cette relation de proximité transforme notre manière de prier, non pas machinalement ou pour nous donner bonne conscience, mais pour nous mettre en présence de quelqu’un en qui nous avons confiance et avec qui une relation d’intimité se développe : « … ton Père qui est présent dans le secret; ton Père qui voit dans le secret … » (Matthieu 6, 5-6).
La prière de Jésus nous enseigne à prier un Père qui sait déjà ce dont nous avons besoin (Matthieu 6, 7-8). Il s’agit de prier avec le cœur plus qu’avec des formules, de parler sans rabâcher : pas besoin d’un flot de paroles ! Nous pouvons être nous-mêmes, sans artifice, puisque Dieu notre Père nous connaît déjà. Notre prière devient vraie, authentique et centrée sur l’essentiel.
La prière de Jésus nous enseigne à prier en nous ouvrant d’abord à Dieu, à ses projets pour l’Humain, à la réalisation de son Règne d’amour, de justice et de paix … C’est donc une prière qui nous décentre de notre seul point de vue, qui nous invite à dépasser nos préoccupations individuelles pour nous ouvrir à l’universel.
La prière de Jésus nous enseigne à prier en demandant l’essentiel pour bien vivre : ce qui est essentiel à notre corps (« donne-nous notre pain quotidien »), ce qui est essentiel à nos relations (« pardonne-nous nos offenses »), ce qui est essentiel à notre devenir humain et à une vie meilleure, alors que nous devons faire face à nos fragilités (« ne nous laisse pas entrer en tentation ») et au mal qui entrave notre condition humaine (« délivre-nous du mal »).
La prière de Jésus nous enseigne à prier au « nous » : c’est en effet la « prière commune » de tous les frères et sœurs des diverses confessions chrétiennes (Église universelle). Elle nous ouvre à la solidarité et à la relation non seulement avec Dieu, mais aussi avec nos frères et nos sœurs en humanité.
Différentes raisons peuvent nous amener à prier :
- pour remercier ou pour exprimer notre émerveillement, notre gratitude,
- pour demander conseil, aide, courage, force dans une épreuve à surmonter ou devant un défi à relever,
- pour demander un bienfait pour cette personne,
- pour nous confier, pour exprimer un sentiment (désarroi, peine, joie, peur, etc.) et pour accueillir une présence;
- pour demander pardon ou pour nous laisser transformer par l’Amour de Dieu,
- pour crier notre révolte ou notre désarroi quand la foi chancelle – « Dieu, es-tu là, m’entends-tu ? » « Où es-tu quand ça va mal ? »,
- pour nourrir une action ou un engagement, etc.
Voici quelques exemples :
Celle qui vient du cœur, dans des mots très personnels et parfois hésitants.
Sans mots, mais dans une présence qui se manifeste par la posture du corps (par exemple : yeux fermés, mains ouvertes, à genoux ou autre) ou de manière presque imperceptible … Cette forme de prière peut favoriser l’écoute de ce que Dieu a à nous dire.
La tradition chrétienne a développé un grand nombre de prières, élaborées par des maîtres spirituels ou de simples croyants, par des groupes ou des communautés. Il existe de nombreux recueils, ainsi que des sites où nous pouvons trouver des prières qui nous inspirent et donnent des mots à notre propre prière.
Les célébrations liturgiques sont riches de prières exprimées au « nous ». Dans la liturgie, chacun.e s’associe (fait corps !) avec la prière de toute l’Église. Non seulement les sacrements, mais aussi les autres formes de prière liturgique que sont les célébrations de la Parole, les bénédictions ou la prière des Heures (prière quotidienne des religieux ou des religieuses, des prêtres et de nombreux laïques).
« Chanter, c’est prier deux fois », dit-on !
De nombreux chants, traditionnels ou contemporains expriment une prière.
Il s’agit de prier à partir de mots de la Bible ou de méditer à partir d’un texte biblique (lectio divina). En particulier, le Livre des Psaumes est un recueil de 150 prières à méditer, seul.e ou avec d’autres.
Nous pouvons prier seuls ou avec d’autres, en couple ou en famille, avec un groupe ou une communauté, avec des personnes que nous connaissons ou non, avec des chrétiens d’autres confessions, avec des croyants d’autres religions, etc. Les moments, les lieux, les postures corporelles de la prière sont tout aussi variés, selon les choix et les circonstances. Peu importe la manière, prier peut donner du souffle à notre vie, surtout lorsque nous nous sentons essoufflés !
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