Détails du sarcophage de Stilicon à Milan (Giovanni Dall’Orto / Wikipédia)
Les évangiles de Matthieu et de Luc sont les seuls à raconter l’histoire de la naissance de Jésus. Si vous lisez ces récits, vous constaterez l’absence de l’âne et du bœuf … D’où viennent alors ces animaux dans nos crèches de Noël ?
La plus ancienne représentation de la crèche que nous connaissons date de 343. Il s’agit d’un bas-relief sur un sarcophage où Jésus est entouré d’un âne et d’un bœuf. Quelques siècles plus tard, l’idée est reprise dans un évangile apocryphe (note) :
Or, deux jours après la naissance du Seigneur, Marie quitta la grotte, entra dans une étable et déposa l’enfant dans une crèche, et le bœuf et l’âne, fléchissant les genoux, adorèrent celui-ci. Alors furent accomplies les paroles du prophète Isaïe disant : « Le bœuf a connu son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître », et ces animaux, tout en l’entourant, l’adoraient sans cesse. Alors furent accomplies les paroles du prophète Habacuc disant : « Tu te manifesteras au milieu de deux animaux. » (Pseudo-Matthieu14)
Ce texte démontre le travail d’interprétation des premiers chrétiens qui ont relu l’histoire de la naissance de Jésus à la lumière des textes prophétiques. Dans un premier texte, Isaïe reproche au peuple d’Israël de ne pas connaître son Dieu alors que l’âne et le bœuf connaissent leur maître :
Le bœuf connaît son propriétaire et l'âne la crèche de son maître, Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas (Isaïs 1,3).
Le deuxième texte provient de la version grecque du livre d’Habaquq qui parle d’une manifestation du Seigneur :
Au milieu de deux animaux, qu'il soit connu! Au temps qui s'approche, qu'il soit reconnu ! (Habacuc 3,2)
La présence des deux animaux dans la crèche vient donc de la tradition de l’Église, une tradition rendue populaire par saint François d’Assise qui, en 1223, a réuni des gens et des animaux à Greccio, en Italie, pour représenter la première crèche vivante.
Dans les premiers siècles de l’Église, plusieurs évangiles circulaient dans les communautés chrétiennes et il a fallu attendre que les autorités ecclésiastiques s’entendent pour déterminer ceux qui étaient importants pour la foi chrétienne. Les évangiles qui ont été écartés sont considérés comme des textes apocryphes pour les distinguer des quatre évangiles canoniques, les seuls qui sont considérés comme authentiques.
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